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Marie, les enfants perdus

Dans une vieille église de Vendée, des enfants ont chanté la gloire de ceux qui tuent des enfants. Au-dessus d’eux, une mère tient toujours le sien. Pardonnez-leur, Seigneur : ils ne savent plus.

Épisode 006 · Image · Poème · Chanson · Épitaphe
Illustration : dans une cathédrale en ruine, une mère lumineuse tient son enfant tandis que des silhouettes sombres d'adolescents s'agitent autour d'elle ; inscription « Pardonnez leur Seigneur, car ils ne savent plus ».
Illustration : dans une cathédrale en ruine, une mère lumineuse tient son enfant tandis que des silhouettes sombres d'adolescents s'agitent autour d'elle ; inscription « Pardonnez leur Seigneur, car ils ne savent plus ».

LE POÈME

Deux mille ans…
Et tant de mères
Ont serré contre leur cœur
Un enfant qui dormait.

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Deux mille ans…
De mains posées sur des fronts,
De nuits sans sommeil,
De larmes cachées.

Et dans le silence des églises,
Il reste une femme
Qui tient son enfant.

Marie…

Dis-moi,
Est-ce que les mères
Finissent un jour
D’avoir peur pour leurs enfants ?

Elle ne demande rien.

Elle donne.

Elle donne ses jours,
Ses forces, ses rêves,
Tout ce qu’elle possède
Et même ce qu’elle n’a pas.

Elle regarde son enfant grandir…
Et puis s’éloigner.

Elle le laisse partir,
Même si son cœur
Reste sur le seuil.

Car aimer un enfant,
Ce n’est pas le retenir.

C’est espérer
Qu’il trouvera son chemin.

Mais ce soir…

Dans la vieille église,
Les ombres ont grandi.

Des voix résonnent
Contre les pierres.

Des gestes de défi,
Des refrains qui glorifient
Ceux qui ont semé la mort.

Et moi, je pense aux mères.

À celles qui attendent
Un pas dans l’escalier.

À celles qui n’entendront plus
La clé tourner dans la porte.

Dis-moi…

Qui leur rendra leur enfant ?

Pardonnez-leur, Seigneur…
Ils ne savent plus.

Ils ne savent plus
Ce qu’une mère abandonne
Pour qu’un enfant vive.

Pardonnez-leur, Seigneur…
Ils ne voient plus.

Il y a des noms
Qu’on ne devrait jamais chanter
Comme des victoires.

Et des morts
Qu’on ne devrait jamais applaudir.

Enfants perdus…

Qu’avez-vous donc cherché
Dans les visages de la haine ?

Quelle promesse
Peut être assez grande
Pour vous faire oublier
Le visage de votre mère ?

Est-ce qu’on vous a dit
Que la force était dans la peur ?

Que le courage était de détruire ?

Que l’on devient quelqu’un
En piétinant ce que d’autres aiment ?

Regardez vos mains…

Elles pourraient bâtir.
Elles pourraient protéger.
Elles pourraient tenir
Une autre main qui tremble.

Elles pourraient aimer.

Et si demain…

C’était votre mère
Qui attendait devant une porte ?

Si c’était son nom
Qu’on criait dans la rue ?

Si c’était son visage
Qu’on oubliait derrière un slogan ?

Est-ce que vous danseriez encore ?

Est-ce que vous ririez encore ?

Ou chercheriez-vous,
Comme lorsque vous étiez petits,
Une main dans la nuit ?

Pardonnez-leur, Seigneur…
Ils ne savent plus.

Ils ne savent plus
Qu’avant d’être des ombres,
Ils ont été des enfants.

Pardonnez-leur, Seigneur…
Ils ne voient plus.

Derrière chaque visage,
Il y a une histoire.

Derrière chaque vie,
Il y a quelqu’un
Qui aurait voulu la garder.

Marie…

Tu connais cette douleur.

Tu as vu ton enfant
S’éloigner de tes bras.

Tu sais ce que c’est
De ne plus pouvoir protéger
Celui qu’on aime.

Alors regarde-les…

Ces enfants qui se perdent,
Ces mères qui les attendent,
Ces autres mères
Qui ne les attendront plus.

Ne détourne pas les yeux.

Il reste peut-être
Un peu de lumière.

Un peu de tendresse.

Un souvenir d’enfance
Qu’ils n’ont pas réussi
À faire mourir.

Nous aussi,
Nous avons notre part.

Qu’avons-nous laissé
Dans leurs mains ?

Des mots trop vite prononcés,
Des colères sans réponse,
Des écrans pleins de bruit,
Et tant de silences
Là où il fallait parler.

Nous leur avons donné le monde…

Mais leur avons-nous appris
À regarder l’autre ?

À reconnaître une larme ?

À comprendre
Qu’aucune croyance,
Aucune idée,
Aucun drapeau
Ne rend une vie moins précieuse ?

Pardonnez-leur, Seigneur…

Ils ne savent plus.

Mais nous,
Nous devons nous souvenir.

Nous devons leur apprendre
À ne pas confondre
La force et la cruauté,
La liberté et le mépris,
Le courage et la haine.

Pardonnez-leur, Seigneur…

Et donnez-nous
La force de ne pas les abandonner.

Marie…

Mère de tous les enfants…

Même de ceux
Qui se sont perdus.

Veille encore sur eux.

Et sur les mères
Qui pleurent en silence.

Veille sur les vivants.

Sur ceux qui attendent.

Sur ceux qui n’ont plus personne
Pour leur dire :

« Je suis là…
Tu peux rentrer. »

Marie…

Les enfants sont perdus.

Mais peut-être…

Pas pour toujours.

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Marie, les enfants perdus
00:0007:29
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L'ÉPITAPHE DU JOUR

Ci-gît le respect du sacré. Voici le constat.

PROFANER
843
actes antichrétiens recensés en France en 2025, en hausse de 9 % sur un an · Ministère de l’Intérieur
PIERRES ET STATUES
87 %
des actes antichrétiens sont des atteintes aux biens : églises, objets, statues (2025) · Ministère de l’Intérieur
CONTRE LES PERSONNES
+70 %
d’agressions, injures et haine en ligne visant des chrétiens en 2025 · Ministère de l’Intérieur
TOUT LE SACRÉ
≈ 2 500
actes antireligieux en 2025 : 1 320 antisémites, 843 antichrétiens, 326 antimusulmans · Ministère de l’Intérieur

843 actes antichrétiens recensés en 2025 (+9 %), dont 87 % visent des biens — églises, objets, statues ; les agressions et injures antichrétiennes ont bondi de 70 % ; et le sacré des autres n’est pas épargné : 1 320 actes antisémites, 326 actes antimusulmans (+88 %).

Sources : Ministère de l’Intérieur, bilan des actes antireligieux 2025 ; Corse Net Infos ; FSSPX.news — liens sous chaque chiffre.

Décryptage : Marie, les enfants perdus. Quand la profanation d’une église dit la fin d’un monde commun

Dans la pénombre d’une nef en ruine, une femme tient son enfant. Autour d’elle, des silhouettes d’adolescents s’agitent, sans visage. Les poings sont levés et les téléphones brandis. Personne ne la regarde. Elle reste là, lumineuse et immobile, comme elle l’est depuis des siècles dans les églises de France. L’image ne parle pas de religion au sens d’une doctrine. Elle parle d’un symbole : la mère et l’enfant. Elle pose une question simple et vertigineuse : que devient un peuple quand ses propres enfants crachent sur l’image qui l’a fondé ? Ce décryptage part d’un fait réel, une profanation d’église en Vendée, pour remonter au ciment de notre civilisation et à ce qu’il dit de notre souveraineté.

Le fait : Soullans, une église, un rap à la gloire des tueurs

Début octobre 2026, une vidéo circule sur les réseaux sociaux. Une dizaine d’adolescents, mineurs selon la mairie, se filment dans l’église Saint-Hilaire de Soullans, en Vendée. Ils dansent et scandent un morceau de rap qui glorifie des terroristes, dont Mohamed Merah et Salah Abdeslam. Ils renversent l’ambon, le pupitre de la lecture. Ils vident l’eau des fleurs posées sur l’autel. L’église a été fermée jusqu’à une messe de réparation. Le parquet de La Roche-sur-Yon a ouvert des investigations. La députée de la circonscription, Véronique Besse, a dénoncé « une atteinte intolérable à un lieu de culte, à notre patrimoine et à la mémoire des victimes du terrorisme ».

Nous ne reproduirons pas ces paroles. Elles n’ont pas leur place ici, et la loi française punit l’apologie du terrorisme (article 421-2-5 du Code pénal). Il faut pourtant regarder le geste en face. Dans un lieu bâti pour honorer une mère et son enfant, des enfants ont célébré ceux qui ont tué des enfants. À Toulouse, en 2012, Merah a abattu trois écoliers et un enseignant devant une école juive. Le renversement est total, et c’est précisément ce que montre l’image.

Le symbole : la mère et l’enfant, avant toute théologie

Bien avant le christianisme, l’humanité a sculpté la mère qui porte son enfant. L’Égypte ancienne représentait Isis allaitant Horus. Les historiens de l’art ont souvent rapproché cette figure des premières Vierges à l’Enfant. Partout, l’image dit la même chose : la vie se transmet, elle se protège, et une génération se penche sur la suivante. Une civilisation commence là, quand des adultes acceptent de se sacrifier pour ceux qui viennent après eux.

Le christianisme a donné à cette figure universelle un nom, Marie, et un visage que l’Europe a peint, sculpté et chanté pendant deux mille ans. On peut croire ou ne pas croire. On peut être catholique, protestant, juif, musulman, agnostique ou athée. La Vierge à l’Enfant n’en reste pas moins, en France, une image commune : on la croise au coin des rues, sur les calvaires, au-dessus des portes, au sommet des collines. Elle n’appartient pas à une Église. Elle appartient à un paysage, à une mémoire, à un peuple.

Le ciment : de Clovis au 15 août, la France s’est construite autour d’elle

L’histoire de France est inséparable de ce symbole. À la fin du Ve siècle ou au début du VIe, Clovis, roi des Francs, est baptisé à Reims par l’évêque Remi. Les historiens discutent encore de la date exacte. Ce baptême lie durablement le pouvoir franc à la foi chrétienne et à l’Église de Rome. Pendant plus d’un millénaire, les cathédrales se dressent sous le vocable de Notre-Dame : Paris, Chartres, Reims, Amiens, Strasbourg, Rouen… Les cités se placent sous la protection de la Mère.

En 1638, Louis XIII consacre solennellement le royaume à la Vierge. C’est le « vœu de Louis XIII », qui institue la procession du 15 août. Ce jour est aujourd’hui encore un jour férié de la République laïque. La loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 n’a pas effacé cet héritage. Elle l’a nationalisé. Les églises construites avant 1905 appartiennent aux communes, les cathédrales à l’État, et elles restent affectées au culte. Elles sont, au sens propre, des biens communs. Selon une estimation reprise au Sénat, environ 42 000 édifices de culte sont à la charge des collectivités. Quand Notre-Dame de Paris a brûlé en avril 2019, la France entière a pleuré, croyants et incroyants mêlés, et le monde a donné pour la reconstruire. On ne pleure pas ainsi un simple bâtiment. On pleure un morceau de soi.

Profaner une église, ce n’est donc pas « s’en prendre aux catholiques ». C’est s’en prendre à la maison commune, au patrimoine que la nation a choisi de garder et d’entretenir ensemble. Profaner l’image de la mère et de l’enfant, c’est nier le pacte le plus ancien qui soit : celui qui veut que les forts protègent les faibles et que les vieux transmettent aux jeunes.

Les chiffres : une profanation d’église n’est pas un fait isolé

Le ministère de l’Intérieur recense chaque année les actes antireligieux. En 2025, il en a compté un peu moins de 2 500, un niveau proche de celui de 2024. Parmi eux, 843 actes antichrétiens, en hausse de 9 %. Ce sont pour 87 % des atteintes aux biens : églises dégradées, objets volés, statues brisées, tabernacles forcés. Les agressions, injures et messages de haine visant des chrétiens, minoritaires, ont pourtant bondi de 70 %. Le sacré des autres n’est pas épargné : 1 320 actes antisémites et 326 actes antimusulmans, ces derniers en hausse de 88 %. C’est bien la preuve qu’il ne s’agit pas d’une guerre de religions, mais d’un recul général du respect de ce qui est sacré.

Les statues de la Vierge, en particulier, sont devenues des cibles. Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2026, la Vierge du rond-point du Stabiacciu, à Porto-Vecchio, a été arrachée de son socle. Le parquet confirme des dégradations volontaires. Le 8 septembre 2025, jour de la Nativité de Marie, la statue de la Vierge à l’Enfant de la basilique Notre-Dame de Bon Secours, à Guingamp, a été incendiée pendant la messe. Ce n’était pas la première fois : des faits semblables avaient eu lieu en 2015 et en 2021. Il n’existe pas de statistique officielle des « Vierges décapitées ». Mais chaque fait divers raconte la même chose : on ne vise pas la pierre, on vise ce qu’elle représente.

Le vide ne reste jamais vide : la déconstruction de l’ordre par les croyances alternatives

Une société qui cesse de transmettre ses symboles ne devient pas neutre. Elle devient disponible. Le besoin de sacré, de héros, de rites et d’appartenance ne disparaît pas avec l’oubli. Il se déplace. Quand on n’apprend plus aux enfants qui était la femme à l’enfant sculptée au-dessus du porche, d’autres se chargent de leur proposer des modèles. Le tueur devient une icône de clip, la violence une preuve de force, la provocation un rite d’initiation filmé pour les réseaux.

Ces croyances de substitution prennent bien des formes. Ce sont le culte de la violence et des « martyrs » de la terreur, la fascination pour l’occultisme, les pseudo-rituels et la sorcellerie de pacotille vendue en ligne, les dérives sectaires que surveille la Miviludes, les complots qui expliquent tout et les codes de bande qui tiennent lieu de morale. Elles n’ont qu’un point commun : elles déconstruisent l’ordre au lieu de le fonder. Elles exaltent la destruction là où le symbole maternel enseignait la protection, et le clan là où il enseignait le prochain. Revenir à la loi du plus fort et du plus bruyant, c’est revenir à la barbarie. On ne l’atteint pas d’un coup, on y glisse geste après geste, vidéo après vidéo.

La chanson le dit sans haine : « Ils ne savent plus ». Le mot juste n’est pas « ils ne savent pas », il est « ils ne savent plus ». Il y a eu un savoir, et il s’est perdu en route. La responsabilité n’est donc pas seulement la leur. C’est celle de toute une génération d’adultes, d’écoles, de familles et d’écrans, qui n’a pas transmis.

Pourquoi c’est une question de souveraineté

Un souverainiste défend d’abord la capacité d’un peuple à décider de son destin. Mais un peuple n’est pas une addition d’individus sur un territoire. C’est, selon le mot d’Ernest Renan, « une âme, un principe spirituel » : la possession en commun d’un riche legs de souvenirs et le désir de continuer à faire valoir cet héritage. La souveraineté n’est pas seulement une affaire de frontières, de monnaie ou de lois. Elle est aussi culturelle et symbolique. Un peuple qui ne sait plus lire ses propres églises, qui laisse ses enfants profaner ses lieux communs sans rien leur dire, a déjà cédé une part de lui-même.

Défendre ce patrimoine n’impose aucune foi à personne. Il s’agit de dire à chaque enfant de France, quelle que soit son origine ou sa croyance : ceci est à toi aussi. Cette église est à ta commune. Cette Vierge à l’Enfant dit la même chose que ta mère quand elle te serrait contre elle. Transmettre, c’est cela : faire de l’héritage un bien partagé plutôt qu’un objet de conquête ou de mépris. Sans transmission, pas de nation. Et sans nation, plus de souveraineté, seulement des tribus qui s’affrontent dans les ruines.

« Tu peux rentrer » : la porte reste ouverte

L’œuvre ne réclame pas de vengeance. Elle se termine sur une main tendue : « Je suis là… Tu peux rentrer ». C’est peut-être la réponse la plus souveraine qui soit. Elle refuse de céder sur l’essentiel, la dignité du lieu, la mémoire des victimes, le respect du sacré commun, sans jamais renoncer à ramener les enfants perdus. La justice doit passer, et l’apologie du terrorisme n’est pas une opinion. Mais la vraie bataille se gagne à l’école, en famille et dans la commune, en réapprenant aux enfants ce que signifie l’image d’une mère qui tient son enfant.

Questions fréquentes

Que s’est-il passé dans l’église de Soullans ?
Début octobre 2026, une dizaine d’adolescents mineurs se sont filmés dans l’église Saint-Hilaire de Soullans (Vendée). Ils dansaient sur un rap glorifiant des terroristes, renversaient l’ambon et vidaient l’eau des fleurs de l’autel. Le parquet de La Roche-sur-Yon a ouvert des investigations et une messe de réparation a été célébrée.

Combien y a-t-il de profanations d’églises en France ?
Le ministère de l’Intérieur a recensé 843 actes antichrétiens en 2025, en hausse de 9 %, dont 87 % d’atteintes aux biens (lieux de culte, objets, statues). Il ne publie pas de chiffre distinct pour les seules profanations.

À qui appartiennent les églises en France ?
Depuis la loi de 1905, les églises construites avant cette date appartiennent aux communes, et les cathédrales à l’État. Elles restent affectées au culte. Ce sont des biens publics, entretenus par la collectivité.

Cet article critique-t-il une religion ?
Non. Il parle d’un symbole, la mère et l’enfant, et de ce que sa profanation dit de notre rapport à l’héritage commun. Les actes visant les synagogues et les mosquées relèvent de la même barbarie.

Sources

À lire aussi sur Souverainiste.fr : Nous sommes deux sœurs jumelles, sur la transmission entre générations, et La Boîte à Concons, sur la pensée de groupe.

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